Un play-off historique pour Raphaël Jacquelin à l'Open d'Espagne

Longtemps en tête, Marc Warren adopte un état d'esprit entre deux dans son quatrième tour. Cherchant à préserver ses coups d'avance, il n'est plus assez offensif pour faire les birdies nécessaires à une victoire et encaisse néanmoins les bogeys incompressibles. Celui du 18, concédé sur un trois putts lui barre l'accès à ce play-off historique dans l'Histoire du circuit européen professionnel de golf.

Ce sont Felipe Aguilar, Max Kieffer et le très expérimenté Raphaël Jacquelin qui s'élancent pour le gain du tournoi. Le play-off durera deux heures et verra le vainqueur rejouer 9 fois le dernier trou avant de s'imposer. Le parcours de Valencia aura donné suffisamment de soleil pour que l'édition aille à son terme le dimanche.

Sur les deux premiers trous de play-off, les joueurs échangent des pars. Certains à deux doigts du bogey lorsque d'autres joueurs sont à deux doigts du birdie. Le suspense est constant. Les 3 golfeurs professionnels se souviendront longtemps de ce par 4 de 426 mètres sur lequel le club moyen au second coup aura été le wedge.

Au troisième trou de play-off, premier rebondissement : Aguilar laisse sa balle entre le green et le bunker de droite pour finalement réaliser un joli up-and-down. Mais le par ne suffira probablement pas car Raphaël Jacquelin a déposé sa balle à un tout petit mètre du drapeau.

Maximillian Kieffer est lui resté court d'une quinzaine de mètres et joue depuis l'avant-green. Les chances de Jacquelin de rentrer sont si fortes que l'allemand sait qu'il doit rentrer ce coup de golf depuis le bord du green pour continuer le play-off. Et il le fait ! Quel moment intense pour lui, les spectateurs et surtout pour notre leader français Raphaël Jacquelin qui savait que Kieffer n'avait que 2 ou 3% de chance de rentrer ce putt.

C'est habituellement la patte de Tiger Woods ou du futur vainqueur de sortir un coup improbable. Kieffer et Jacquelin sortent du green avec un birdie, Felipe Aguilar quitte le play-off et les deux survivants de ce sudden death regagnent le tee du 18 pour leur 4ème trou de play-off. "Il n'y a plus de respect pour les vieux" lancera Raphaël Jacquelin décontracté et rieur de ce que vient de lui infliger la jeune pousse allemande.

Les deux hommes jouent magnifiquement ce 4ème trou, touchent le green proches du drapeau et mordent le bord du trou sans pour autant signer de birdie. Une fois de plus, Jacquelin a eu sa chance pour terminer sa journée victorieux.

Au cinquième trou, c'est Max Kieffer qui donne le premier signe de fatigue en envoyant sa balle dans le bunker de fairway. Il s'en sort de fort belle manière et sauve son par grâce à son petit jeu. Raphaël Jacquelin a de nouveau un putt court pour un birdie qui ne veut décidément pas rentrer sur ce trou non plus.

Au septième trou de play-off, c'est le tricolore qui manque sa mise en jeu vers la gauche. On sent un moment le hors-limite qui sépare le practice du trou numéro 18 se rapprocher à grands pas. La balle de golf de Raphaël Jacquelin heurte après son premier rebond le tibia d'un jeune spectateur et reste sur un lie très correct, à plat, avec un angle d'attaque pour le green tout à fait correct.

Maximillian Kieffer profite mal de son superbe tee-shot et place sa balle 8 mètres longue du drapeau pour un putt en descente qui ne lui offre qu'une chance modérée de birdie. Du 4 au 6ème trou de play-off, Jacquelin aura eu ce même putt de trois à 4 mètres depuis la droite du trou, légèrement court sans pour autant enquiller le birdie. Ayant manqué deux fois à droite, il fait cette fois une virgule par le bord gauche. Le par en poche, les joueurs repartent sur le tee du 18 pour leur 7 trou de barrage.

Peut-être marqué par sa balle hookée au trou précédent qui a frisé avec les hors-limites, Jacquelin laisse sa balle directement à droite, une quinzaine de mètres hors du fairway et d'autant courte du bunker qui avait reçu la balle de Kieffer vingt minutes auparavant.

Le lie est par chance excellent et Raphaël n'est ni gêné par les griffes de sorcières ni par le relief de ce support sablonneux de bord de mer. Aucune brindille n'obstrue l'approche de la tête de club. Raphaël Jacquelin délivre alors un très solide coup de fer moyen. La balle prend un peu le vent, peut-être un peu d'effet de draw et pitche à l'entrée du green mais roule en travers. Elle reste longtemps en mouvement et le coup qui donnait l'impression d'être pleinement gagnant ressort du green pour s'immobiliser dans le bunker de gauche.

Une belle sortie de bunker pour Jacquelin lui laisse un putt de 4 pieds qu'il rentre pour sauver son par à venir. Quant à lui, Maximillian Kieffer putte à 3 mètres en montée pour le birdie. Après que l'allemand a manqué son putt par la gauche, Jacquelin rentre son par et la petite troupe des caddies et des joueurs remonte le fairway du 18 pour attaquer le 8ème trou de play-off.

La réalisation du European Tour nous indique trou après trou qu'il faut remonter à loin pour trouver un play-off en sudden death aussi long. D'abord celui de Stewart Sink contre Tiger Woods en 2007, puis il faut bientôt remonter à 1972 pour trouver un play-off sur 8 trous. Il s'agira à présent du plus vieux play-off de l'Histoire du European Tour. Quant au circuit américain, le record est de onze trous et c'était en 1947 !

Au huitième trou en sudden death, Jacquelin place sa balle à 1,30 m du trou, la messe semble dite. Max Kieffer aurait pu enlève une nouvelle fois sa casquette comme il a l'habitude de la faire lorsque les carottes semblent cuites. Il ne le fait pas et l'incroyable se produit : Raphaël Jacquelin laisse passer cette opportunité de gagner. Quand on sait de quelle manière les choses se retournent et s'alternent dans un play-off, on craint alors que le français ait laisser passer son heure.

Au 9ème trou de play-off, les joueurs abordent le 18ème trou de l'Open d'Espagne pour les dixième fois consécutive. Raphaël Jacquelin délivre l'enchaînement idéal drive-wedge pour amener sa balle juste derrière le drapeau. Kieffer prend sa chance et tente d'enquiller son birdie de 4 mètres mais sans succès. Le 4-feet-putt de Raphaël Jacquelin rentre plein centre. Il gagne enfin et nus régale d'un spectacle et d'un suspens haletant.

Le français se renforce d'une confiance qui lui permettra de remporter une ou deux autres épreuves d'ici la fin 2014. Les experts du golf professionnels qui suivent et entraînent Raphaël Jacquelin disent tous qu'il a atteint une pleine maturation dans son jeu et dans son approche mentale du jeu. S'il était fort pour jouer aux avant-postes, on pense qu'il va maintenant mettre cette expérience et sa maîtrise au service d'un nouvel objectif : La victoire. Son putting, à la vue de ce play-off reste le compartiment technique le plus limitant de son jeu. Encore un effort !




Le rythme de Raphaël Jacquelin est admiré par les plus grands professionnels, y compris sur le sol américain. La constance du muscle, sa douceur et son efficacité sont reconnues par ses pairs qui le classent parmi les meilleurs rythmes du circuit. C'est également dans la fluidité de sa routine vers l'entame du take-away (le démarrage du mouvement) que le français montre la maturité et l'efficacité de son swing de golf. L'esprit est clair, simple et léger, tout en étant déterminé.

Sur l'énergie engagée pour réussir, on note une opposition sensible entre Kieffer, le rookie qui dispute tout juste son 10ème tournoi sur le European Tour, et l'homme d'expérience. Kieffer est intense dans sa préparation (presque trop), son esprit fonctionne vite et s'engage fortement, ses actions sont vives et tranchées, un peu à l'image de Keegan Bradley, le pensionnaire du PGA Tour.

De son côté, Raphaël Jacquelin reste en toute occasion dans sa routine fluide mais directe, dans le style de Fred Couples. L'essentiel pour ces deux joueurs engagés dans ce play-off du Spanish Open était de rester dans leurs habitudes et leurs automatismes afin de performer au mieux. Il semble tout de même qu'une attitude plus à l'économie, celle de Jacquelin, a permis au français de rester efficace et constant dans ce play-off marathon et cette dernière journée de 27 trous.

Raphaël Jacquelin réintègre aujourd'hui le Top-100 mondial, la 94ème place pour être précis. Cette nouvelle position lui ouvre la porte des tournois majeurs. Si l'idée lui en venait, à la faveur de quelques bons résultats supplémentaires, il pourrait même disputer de grands tournois sur le PGA Tour comme le Players Championship à Sawgrass au début du mois de mai prochain. Cette épreuve-reine du circuit américain est considérée comme le cinquième tournoi majeur par le monde professionnel du golf. Côté européen, Raphaël Jacquelin est confortablement installé à la 24ème place du classement et jouera tous les tournois importants en compagnie d'une catégorie de joueurs désormais une classe au-dessus, ce qui devrait le pousser vers le haut.

Se posera peut-être la question de savoir si, à l'image de Luke Donald et d'autres joueurs comme Ian Poulter ou Graeme McDowell, vainqueur ce week-end à Harbour Town, Raphaël Jacquelin souhaiterait prendre sa chance aux Etats-Unis. Son jeu le lui permet et la transition ne devrait pas lui poser de problème. Il restera sûrement à trouver un nouvel équilibre de vie et à gérer la partie familiale avec des retours réguliers en Europe. 13-04-21

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Notes


Le rythme de Raphaël Jacquelin nous émerveille parce qu'il nous renvoie la sensation de douceur pour les muscles et le corps que chaque golfeur aimerait avoir lorsqu'il joue.

Cette douceur du muscle renvoie directement à un calme de l'esprit qui est également la qualité qu'on recherche pour réaliser son meilleur niveau de jeu lorsque les émotions nous gagnent sur le parcours.